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La maison Golden

Le coup de de Gerlinde

La maison Golden

Salman Rushdie

Actes Sud - 2018

R RUS

 

La narration de cette saga, que l’on pourrait aussi appeler « Splendeur et Chute de la Maison Golden » s’étend de 2008 à nos jours. C'est-à-dire de l’élection de Barack Obama à celle de Donald Trump.

Une mystérieuse famille richissime, s’installe dans un quartier huppé de New York. Il s’agit de Néron Golden et de ses trois fils, qui portent également des noms de romains : Petronius, appelé Petya, très nevrosé mais inventeur génial de jeux vidéo, Lucius Apuleius appelé Apu, artiste, bientôt en vogue dans le milieu artistique New Yorkais, et Dionysos appelé D. jeune homme fragile, indéfini sexuel, et demi-frère des fils aînés.

Un jeune homme du quartier, René, apprenti cinéaste ambitieux, s’intéresse à cette famille hors du commun et a le projet secret d’en faire son premier film. Il entre dans l’intimité des Golden, et une amitié se tisse entre les quatre hommes et lui. C’est lui, René, le narrateur du roman.

Nous apprendrons que leurs noms sont des noms d’emprunt, qu’ils sont originaires d’Inde, venus aux Etats Unis après un attentat islamiste à Bombay, lors duquel l’épouse de Néron et mère des deux aînés a perdu la vie. Aux côtés de Néron et de ses fils apparaissent des jeunes femmes dynamiques et touchantes. En premier lieu la magnifique Vasilisa, beauté russe ensorceleuse. Elle envoûte littéralement le vieux patriarche. C’est une femme au fort caractère, décidée à monter dans l’échelle sociale coûte que coûte, et en effet, Néron l’épouse.

Ainsi se déroule devant nous un panorama politico-culturel de New York des dix dernières années, «  le basculement des Etats-Unis de l’optimisme à la folie ». Mais l’écrivain évoque d’autres questions « dans l’air du temps » : les réseaux sociaux et l’informatique, la religion et la question du Bien et du Mal, le genre sexuel et la question de l’identité. L’auteur présente ces thèmes à la fois avec profondeur, mais aussi avec ironie et humour sous la forme d’une narration brillante.

Le récit de Néron, à la fin du roman, sur son passé trouble est glaçant et un grand moment de lecture.