Le patrimoine numérisé de la médiathèque

Véronique Delamarre-Bellego

 

Rencontre avec l'auteur lauréat 

du prix MOTAMO 2015

Véronique DELAMARRE-BELLEGO pour "Banzaï Sakura"

 


Les élèves de 4 classes de CM1 participant l'année passée au prix MOTAMO 2015 ont élu « Banzaï Sakura » dans la catégorie Romans. Cette année, élèves en classe de CM2, ils sont venus rencontrer l'auteur de leur livre préféré afin de lui poser 1001 questions sur sa vie et son roman. Voici un extrait des échanges de cette journée :

Comment avez-vous choisi l'histoire ? : j'ai choisi une héroïne asiatique parce qu'il y en a peu dans la littérature jeunesse, j'avais envie d'un roman de vie du quotidien et aussi de permettre la découverte d'une autre culture.

Comment vous vient l'inspiration ? : Je voulais parler de la relation fille//garçon qui n'est pas toujours facile. Et aussi du harcèlement, du racisme que l'on peut vivre au quotidien. On trouve mille raisons de se moquer des autres, c'est bien d'en parler... »

Avez-vous un autre métier ? : j'ai été professeur de français pour étranger pendant mon séjour à Singapour. Aujourd'hui je donne des cours à l'université de Paris Dauphine.

Comment invente-t-on les personnages ? : ça se travaille. J'aime bien « partir » dans des mondes imaginaires. Quand j'étais petite il n'y avait pas de télé à la maison et j'avais beaucoup de temps libre, mes jeux étaient toujours imaginaires.

Comment êtes-vous devenue auteure ? :Je rêvais d'être auteure déjà toute petite mais au début je croyais que pour être auteur il fallait

- être un homme

- être vieux et avoir une barbe blanche...

Mais j'ai toujours écrit, juste quelques phrases au début puis des histoires plus étoffées. Mon rêve est devenu réalité quand j'habitais au Japon.

Avant de faire un livre, on écrit ½ page, puis 1 page. Cela demande beaucoup d'années d'apprentissage. Il y a des étapes à passer. A 20 ans j'ai écrit ma première histoire, c'était un cadeau que je destinais à mon frère qui avait 10 ans à l'époque. Je retravaille ce texte aujourd'hui pour le publier peut être. J'ai publié mon premier livre à 40 ans.

Quels auteurs, quels livres vous ont inspiré enfant ? : Quand j'étais petite, la littérature jeunesse n'était pas aussi riche que maintenant. J'aimais le club des 5 , la collection Signe de Piste car il y avait beaucoup d'aventures. Quand on écrit pour la jeunesse, il faut que les jeunes personnages deviennent des héros, donc il faut qu'il n'y ait pas de parents dans l'histoire pour qu'ils puissent avoir une plus grande liberté.

Banzaï Sakura est une expérience d'écriture. « Le feuilleton des incos » : on écrit un chapitre tous les 15 jours, on est relu par des élèves et l'histoire avance grâce à la relation qu'on établit entre les élèves et l'auteur.

Qu'en est-il du Japon ? : j'y ai vécu 3 ans puis 3 ans à Singapour. C'est un choc des cultures entre le Japon et la France. Au Japon, on ne se touche pas, on ne sert pas la main pour dire bonjour. Quand on invite, les gens arrivent 1 heure avant, c'est la politesse... pour profiter plus des amis. On ne dit pas non au Japon, c'est très mal pris, pour eux c'est comme recevoir une gifle...

Les élèves au Japon ont des journées très chargées. Leur enseignant « Senseï » occupe une place très importante, il est vraiment respecté. Il donne son cours, on ne pose pas de questions. Après 16h ils vont dans une autre classe où on passe à l'application des cours : la mise en pratique, les exercices. Le week- end il y a aussi école, une école d'application. Pas de cantine au Japon, les mamans préparent le repas que les enfants prendront à l'école. Ils ont un « bento », petit récipient de plusieurs plats superposés.

Les sumos sont des personnes très importantes au Japon. Ils sont considérés comme des ½ dieux. Il existe des écoles pour devenir Sumo. Il faut déjà avoir à la base une ossature solide, puis on rentre dans une école spécialisée. Il y a une discipline incroyable. Ils font beaucoup d'exercices physiques et mangent 7 repas par jour. Entre les repas, ils font du sport. Ils mangent beaucoup mais sainement, des poulets, des pâtes, de la soupe, pas de bonbons. Ils sont extrêmement musclés. Ils sont considérés comme des stars. Quand ils prennent leur retraite, on coupe leur cheveux qu'ils n'ont jamais coupé depuis leur entrée dans l'école du Sumo 10 ou 15 ans plus tôt. C'est un geste symbolique fort.

Pour clore les rencontres, Véronique Delamarre-Béllego s'est prêtée au jeu des dédicaces à la librairie St Pierre. Elle a pu échanger avec d'autres jeunes et avec les parents, enseignants qui ont fait le déplacement pour ce moment privilégié.

Merci à Amandine d'avoir accueilli l'auteur et prolongé ainsi cette journée riche en émotion.