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Petite histoire de la bibliothèque

Les Origines

On pourrait situer l'origine de la bibliothèque municipale de Senlis au 3 janvier 1647.

Ce jour-là, un senlisien d'origine fit établir à Paris un contrat de donation de tous ses biens dont sa bibliothèque. Après inventaire ces livres

"Seront transportés en la ville de Senlis... pour demeurer au public et pour que toutes les personnes de lettres tant personnes régulières, séculières que laïques auront libre accès et entrée pour y voir, lire et extraire sans les déplacer dudit lieu..."


Ex libris manuscrit de J. Joly

Ce personnage se nommait Jacques Joly ; humaniste en son temps, prêtre prieur de la chapelle royale, avocat au Parlement de Paris, il posait ainsi dès le milieu du XVIIe siècle dans une petite ville de province, les principes fondamentaux d'une bibliothèque de lecture publique.

L'Ancien Régime

Malheureusement les biens de J. Joly étaient hypothéqués ; jamais les clauses de cette donation ne furent respectées.

Les Exécuteurs testamentaires attribueront ce fonds de livres (env. 426) au grand séminaire de la ville créé en 1664, tenu alors par la Congrégation du St Sacrement. Ce fonds initial s'accrut vraisemblablement d'autres dons et legs faits à cette même congrégation jusqu'en 1703 date à laquelle la direction du séminaire fut confiée aux Eudistes.

En 1711 commença la construction du nouveau bâtiment, à côté de l'église St Pierre, qui allait abriter le nouveau séminaire de la ville et dans lequel se trouve maintenant la bibliothèque.

Vue extérieure de l’église St Pierre de Senlis [18ème siècle]
A droite le Séminaire


Quelle était l'importance du fonds de livres présent au cours du XVIIIe siècle dans la bibliothèque de ce même séminaire ? Dans une déclaration de 1790 faite par les supérieurs et prêtres de l'établissement, il est mentionné que : "la bibliothèque est composée d'environ 5300 volumes dont 900 in fol. grands et petits et d'environ 900 in 4°. Le reste in 8° et in 12° dont un grand nombre reliés en parchemin ou brochés. Il y a en outre beaucoup de journaux dans lesquels il y a beaucoup de lacunes".

La Révolution française

La Révolution française va enfin permettre au testament de J. Joly de se concrétiser.

Considérée comme bien national, la bibliothèque est alors transportée dans les locaux de l'abbaye St Vincent, lieu choisi pour la concentration des bibliothèques confisquées. Quelles étaient les provenances de ces fonds ?

Prieuré St Maurice de Senlis.

Caissons du dos armoriés au monogramme entrelacè

Prieuré de St Leu d'Esserent.

Armoirie sur un plat de reliure

Abbaye de Chaalis.

Caisson du dos armorié aux armes de l'abbaye

 



- Toutes les communautés religieuses de Senlis et de sa région,
- Les 8 paroisses de Senlis et celle de Neuilly-en-Thelle,
- Les Dames de la croix, les Sœurs de l'Hôtel Dieu, de St Lazare, de la Charité St Rieul,
- Les abbayes de La Victoire, Châalis, St Leu d'Esserent, St Vincent,
- Les couvents des Cordeliers, des Carmes et des Dames de la présentation,
- Le Prieuré St Maurice,

Abbaye St Vincent
Plat orné aux armes genovéfaines de l’abbaye royale de Senlis

La fin de l'année 1790, la Municipalité "considérant l'intérêt qu'elle a de conserver" ces bibliothèques demande que celles-ci lui soient abandonnées à son "profit".

En 1791 une importante bibliothèque (env. 7000 vol.) riche et variée viendra rejoindre le dépôt littéraire. Il s'agit des biens d'une famille ayant une propriété à Eve, petit village situé prés de Dammartin en Goëlle : les Dumetz de Ronay... Ils ont constitué depuis le XVIIe siècle par héritage, legs, acquisitions, une très belle bibliothèque digne des plus éminents humanistes de la fin du XVIIIe siècle.




En avril 1793, en raison de travaux effectués à St Vincent, l'ensemble du dépôt est transféré dans le palais de l'évêché, alors en location. Il y demeurera jusqu'en 1808. Commence alors une période noire pour l'ensemble du fonds. La location de l'évêché étant impayée, le propriétaire souhaitant récupérer ses locaux, la municipalité décide de transporter la bibliothèque en un autre lieu et de rémunérer une personne dans la fonction de bibliothécaire.

Transportés une nouvelle fois, les livres dont aucun inventaire n'était encore fait, vont se retrouver dans l'ancien hôpital de la Charité (autre fondation du sieur Jacques Joly). Il semblait que l'idée de J. Joly allait enfin se concrétiser.

Le 19ème siècle

Malheureusement les livres allaient subir un autre cataclysme.

Sommée par le ministère de tutelle de mettre un peu d'ordre dans ce fonds, la municipalité décide de faire appel à un libraire parisien pour trier et ranger la bibliothèque. Ce fut une véritable dilapidation :

- vente des plus beaux manuscrits, livres enluminés
- vente au quintal des livres jugés inintéressant etc.

1ere page du catalogue manuscrit de 1851

A combien s'éleva le nombre de livres ainsi dispersés ? Seul un inventaire rigoureux de la bibliothèque actuelle et une comparaison avec les inventaires faits avant l'opération, pourrait nous le dire.
L'abbé Vattier, auteur d'une communication sur l'histoire de la bibliothèque au congrès archéologique de 1877, cite les chiffres suivants : "il y avait à la Charité en 1810, 9237 volumes... ; Avant leur transport à la Charité on estimait le tout à environ 12000 volumes".

Le Calvaire n'était pas fini. Ce qui subsistait de ce "ménage" fut divisé en deux : une partie restant à la Charité, l'autre allant rejoindre l'ancienne bibliothèque du chapitre et constituer ainsi la bibliothèque du Chapitre de la Cathédrale de Senlis.
Alerté par ces faits, le ministre écrit en 1819 au préfet de l'Oise pour demander un catalogue de la bibliothèque de Senlis, en rappelant que ces fonds sont biens d'Etat et qu'il se verra obligé de transférer ces livres à Beauvais si rien n'est fait pour en assurer une bonne conservation.

En 1820 l'ébauche d'un premier catalogue lui est alors envoyé.

En 1823 la bibliothèque de la Charité est transférée à l'Hôtel de ville. Pendant plusieurs années vont se succéder 2 bibliothécaires compétents et cultivés qui vont établir le seul catalogue manuscrit qui permet encore aujourd'hui de consulter l'ensemble du fonds ; Catalogue systématique selon la classification Brunet avec table alphabétique auteurs et anonymes.

Enfin en 1884 la bibliothèque déménage de nouveau pour reprendre ce qui sera son emplacement définitif : l'ancien Grand Séminaire.

Le Renouveau


Elle retrouve d'ailleurs la place qui devait être la sienne à l'origine : le deuxième étage.

De nombreux senlisiens ont pu consulter côte à côte les vieux livres reliés de veau, maroquin, basane, parchemin et des éditions plus modernes.

En 1976, l'ensemble du fonds fut désinfecté. En 1977, avec l'aménagement des nouveaux locaux de la bibliothèque municipale, le fonds fut réinstallé dans un espace plus large, isolé des livres modernes.

Le Vœu de Jacques Joly était enfin accompli.

Si l'histoire de ces fonds patrimoniaux épouse les méandres du temps, la lecture publique contemporaine se développa à partir des années 60. Grâce à la présence d'une citoyenne américaine puis d'une équipe militante, la bibliothèque proposera au public de Senlis et de ses environs, un visage rénové.

L'aspect patrimonial s'est depuis enrichi de nouveaux fonds et supports.

Un fonds local important constitué à partir de collection du XIXe siècle se développe régulièrement.

Enfin, dans un fonds "Gérard de Nerval", depuis une trentaine d'année, les bibliothécaires s'efforcent de rassembler les éditions des "Filles du feu" et plus particulièrement de "Sylvie".

Et avec l'arrivée des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication, on peut espérer que les richesses des ces fonds patrimoniaux seront prochainement accessible en ligne sur notre site.

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