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Histoire de ma vie

Le coup de de Gerlinde

Histoire de ma vie

Casanova

Robert Laffont - 2013

920 CAS

 

Un homme âgé est assis à son bureau dans la bibliothèque du château de Dux en Bohème, il écrit. Gagné par le désoeuvrement, son médecin lui avait suggéré : « Mais Monsieur Casanova, pour remédier à votre mélancolie, écrivez donc l’histoire de votre vie ». Et en effet : « Je ne saurais me procurer un amusement plus agréable que celui de m’entretenir de mes propres affaires. Me rappelant les plaisirs que j’eus, je me les renouvelle, et je ris des peines que j’ai endurées, et que je ne sens plus ». C’est ainsi que nous entrons dans un des plus extraordinaires récits de la littérature. Casanova n’évoque pas uniquement sa personne, bien que ses aventures auraient suffi à écrire vingt romans, mais il déploie devant nous tout un siècle qui prend vie. Grâce à lui nous saurons comment on voyageait, mangeait, jouait, dansait, s’aimait et s’amusait, quels étaient les mœurs, les manières, l’art de vivre et de converser au 18ème siècle.

Casanova est né en 1725 à Venise, de parents comédiens, et est décédé en 1798 en Bohème. Il devait être curé, mais il sera juriste, soldat, violoniste, voyant, courtisan, économiste, philosophe, écrivain, et avant tout un esprit libre : « L’idée de me fixer m’était toujours insupportable », et accessoirement filou, joueur, et fabulateur de génie, doué dans tous les domaines, intelligent, fin, plein d’esprit. Son courage, son insouciance, son assurance et sa confiance en sa bonne étoile, son « toupet » et son impertinence, lui ont permis de réinventer sa vie tous les jours, et avec quel panache.

A 30 ans il est emprisonné à la redoutable prison « des Plombs » à Venise, pour des raisons obscures. Il est l’unique prisonnier à avoir réussi à s’évader de cette « forteresse » et cet exploit le rend célèbre dans toute l’Europe. Il s’enfuit vers la France où il a des protecteurs haut placés. Il s’ensuit une vie de voyages à travers toute l’Europe pendant dix-neuf années, avant de pouvoir revenir à Venise.            

« Mon tempérament sanguin me rendit très sensible aux attraits de toute volupté, toujours joyeux, et empressé de passer d’une jouissance à l’autre, et ingénieux à en inventer ».

« J’ai toute ma vie aimé les femmes » Et les femmes le lui rendaient bien, car chez Casanova, jamais le plaisir n’est déconnecté du sentiment. Le lecteur qui s’attend à une lecture coquine sera déçu. Certes, les conquêtes ne manquent pas : des marquises et des ouvrières, des religieuses et des courtisanes, des filles de banquiers et des actrices. Mais de chaque femme il tombe éperdument amoureux, même le temps d’une nuit.

Ses amours n’ont que peu à voir avec les clichés véhiculés par son nom, car le récit de ses amours est bien plus touchant que grivois.

Qu’est-ce que Casanova nous apporte aujourd’hui ? Sa joie de vivre est communicative et sa gaieté contagieuse. Son aplomb, son absence totale d’appréhension ou de crainte, sa foi inébranlable en sa bonne étoile sont vivifiants. Sa finesse d’esprit, son art de la conversation et son intelligence sont admirables.

Le manuscrit, rédigé en français*, est à la Bibliothèque Nationale de France.Il a été numérisé et est ainsi consultable sur leur site.

*(« La langue française est la sœur bien aimée de la mienne. Je l’habille souvent à l’italienne. Je la regarde et elle me semble plus jolie. Sûr en grammaire et certain qu’aucun lecteur ne me trouvera obscur, j’ai défendu à mon éditeur d’adopter des corrections que quelque puriste constipé s’aviserait d’introduire dans mon manuscrit »)