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Les os des filles

Le coup de de Catherine

 Les os des filles

Line Papin

Sock - 2019

R PAP

 

Vietnamienne de mère, française de père, Line quitte le Vietnam à 10 ans. Arrachée à ce pays, plein d’odeurs, de saveurs, où elle connaissait une certaine liberté, elle doit vivre en Touraine puis à Paris, dans une contrée froide. Perte d’amis, de repères… l’adaptation est très difficile. Sa grand-mère Ba et sa nourrice restées au Vietnam lui manquent considérablement. Ses parents ne savent pas voir son mal-être.

A 15 ans, dans l’impossibilité de s’exprimer, elle est hospitalisée pour anorexie en long séjour et mène une « guerre contre la dépression ».

A 17 ans, elle retourne au Vietnam. Elle y remarque les mutations du pays comme au sein de sa famille. Elle revient en France apaisée. Un second voyage au Vietnam à 23 ans. La lecture et l’écriture la réconcilient avec elle-même.

L’auteure de 23 ans nous parle de son histoire et de son combat avec une force qui lui vient des femmes qui l’ont entourée. Elle aborde le passé de sa grand-mère et de sa mère durant la longue période de guerres entre 1945 et 1975, la famine qu’elles ont connue, leur travail dans les rizières. Cette mémoire invisible... Un troisième roman très émouvant.

Le titre rappelle les rites traditionnels avec les os humains gardés en coffret :

« On enterre les gens dans une tombe à leur taille pendant trois ans au Vietnam. Puis, ce délai passé, la chair évaporée, on transvase dans un coffret plus chétif ce qu’il reste du corps : les os. »

mais aussi les os dans la maigreur des pauvres ou des anorexiques.

« Tu avais dix-sept ans alors, à peine, et tu as pris l'avion, seule, pour retourner à Hanoï. Tu vois, j'en ai vingt-trois aujourd'hui, et je retourne, seule, une nouvelle fois, sur les lieux de ton enfance. Tu es revenue et je reviens encore, chaque fois derrière toi. Je reviendrai peut-être toujours te trouver, trouver celle qui naissait, celle qui mourait, celle qui se cherchait, celle qui écrivait, celle qui revenait.  Je reviendrai peut-être toujours vers celle qui revenait, vers les différents coffrets d’os, vers les couches de passé qui passent toutes ici. »