Charles, Alexandre, Jean, Julien HALLO - 1882-1969.

Naissance à Lille où son père, officier, est en garnison. Sa famille est originaire du Pas de Calais (Arras).
Suivant les étapes militaires de son père, il découvre la Normandie, Granville, puis le Jura, Dijon où il entre à l'école des Beaux-Arts. Il poursuit ensuite aux Beaux-Arts de Paris et s'oriente vers la gravure et la technique de l'eau-forte. Dès 1900, il grave des séries d'eaux-fortes évoquant ses voyages : l'Egypte - la Marine.
Après son service militaire, effectué dans l'infanterie à Dijon, il se marie en 1911.
En 1914, il est mobilisé dans la même arme et participe à la bataille de la Marne.
L'aviation naissance cherche alors des volontaires. Charles Hallo pose sa candidature : il sera observateur-photographe. Apprentissage au centre de Chalais-Meudon, puis premières missions dans la région de Verdun. Il est alors l'un des pionniers de la photographie aérienne.
A partir de mars 1918 et jusqu'à la fin de la guerre, il assure le commandement de la section photo de la IIe armée.
Après le conflit, il décide de s'installer à Senlis. La famille de sa femme est propriétaire du Prieuré de Saint-Nicolas d'Acy où il fera de nombreux séjours.
Il achète une maison situé rue Saint-Yves à l'argent et savoure la tranquillité de la charmante cité. Cette période sera la plus fructueuse dans sa production artistique. Il participe activement à la vie politique et culturelle de Senlis.
En 1934, il est nommé Conservateur du Musée de Senlis qu'il transforme en Musée de la vénerie.
L'été, toute la famille se rend souvent en Bretagne pour y passer des vacances.
Mais la guerre le rattrappe et malgré son âge (57 ans) et ses cinq enfants, il s'engage dans l'armée de l'air en 1940 où son expérience de la reconnaissance aérienne, lui permet d'être affecté comme instructeur-photo à l'école de l'air. Prisonnier, résistant, de nouveau incarcéré, il participera à la fin de la 2ème guerre mondiale, comme peintre aux armées.
En rentrant à Senlis, il rerouvera son titre de conservateur du musée jusqu'en 1950, puis se consacrera à ses activités artistiques jusqu'en 1969.

Charles Hallo, Affichiste.

Les affiches de Charles Hallo s’inscrivent dans une démarche publicitaire élaborée par les compagnies de chemin de fer depuis le 19ème siècle. Celles-ci s’adressent à des imprimeurs qui font travailler de nombreux artistes, sous contrat, chargés de produire des projets d’affiches touristiques.
La 1ère guerre mondiale marquera une rupture pour cet art graphique. Les difficultés dues aux destructions du réseau ferroviaires, la concurrence de nouveaux modes de transport, obligent les chemins de fer à cibler de nouveaux publics et de nouvelles destinations. La valorisation du patrimoine des régions françaises, l’influence des courants artistiques de l’après-guerre conduiront les artistes à definir un nouveau style d’affiche publicitaire : l’affiche tableau, dont Charles Hallo est l’un des meilleurs représentants.
“ En artisan consciencieux, il transcrit Châteaux de la Loire et localités de la France profonde, se souvenant de sa prédilection pour les études de lavis où il excelle comme dessinateur, ou choisissant les couleurs arbitraires que les Fauves ont imposés. Ses plus belles affiches lui sont suggérées par les regions qu’il connaît pour y avoir séjourné et auxquelles le lie une émotion esthétique. Tel est le cas de l’Auvergne et surtout de la Bretagne où il passe en famille des vacances heureuses qui lui inspirent de magistrales compositions.
Emule conscient ou involontaire de l’Ecole de Pont-Aven, Il adopte alors une palette haute en couleurs pour évoquer Audierne ou l’Ile Tudy ; il ose des accords arbitraires et magiques entre le ciel et la mer pour traduire l’ambiance asiatique du Finistère (Morgat, Camaret) et suggérer la luminosité ineffable du Golfe du Morbihan”

- Florence CAMARD, expert professionnel—Extr. De : Affiches touristiques de C.J. Hallo, Ed. CLouet, 2002 -